Accueil
Caractéristiques
Plans
Forfaits
Écrans
Courriel
Assistance
Pour en finir ou presque avec le polluriel
Votre boîte de réception est prise d'assaut de façon quotidienne par des courriels commerciaux non sollicités qui se multiplient joyeusement de jour en jour? Vous n'en finissez plus de détruire ces missives encombrantes et il vous semble que tous les polluposteurs (spammers) du monde s'acharnent sur vous? Et surtout, vous n'avez qu'une question en tête : « Mais où diable tous ces arnaqueurs ont-ils déniché votre adresse? »
Si pour certains internautes, le pourriel (spam) demeure toujours et malgré sa croissance exponentielle un inconvénient mineur du courriel, il représente par contre pour plusieurs un véritable fléau. Pour les moins chanceux, le problème est tel qu'ils doivent s'avouer vaincus et se résigner à changer d'adresse. À la fois inutiles et importuns, ces messages induisent par ailleurs des coûts importants pour les fournisseurs de services Internet qui ne savent plus où donner de la tête pour, sinon véritablement éradiquer la bête, du moins en limiter les dégâts.
Or pour que l'histoire finisse bien et que les bons aient une fois de plus raison des méchants, il importe d'identifier la source du problème ou en clair, de mettre au jour les principaux lieux de subtilisation des adresses. Et c'est précisément l'objectif que poursuivait le Center for Democracy & Technology (CDT) en réalisant, à l'été 2002, un grand projet visant à déterminer les sources premières d'approvisionnement des polluposteurs. Pour ce faire, le CDT a généré des centaines d'adresses différentes qu'il a ensuite disséminées sur divers sites publics, chacune des adresses n'étant utilisée qu'une seule fois. Après avoir attendu six mois, le CDT a analysé le volume et le genre de missives non sollicitées reçues et ce, pour chacune des adresses initiales.
Les résultats sont tout à fait parlants. En plus d'avoir mis au jour les comportements en ligne les plus susceptibles d'accroître la vulnérabilité d'un internaute au pourriel, les travaux du CDT ont aussi ébranlé certains mythes traditionnellement associés au phénomène. Ainsi, parmi les principaux résultats de l'étude :
- Les adresses de courriel laissées sur des sites Web publics représentent la toute première source d'approvisionnement des polluposteurs qui disposent de robots Web (spiders) précisément destinés à les reconnaître et à les glaner pour eux de façon automatique. Le nombre de pourriels reçus à une adresse disponible sur un site public varie d'ailleurs de façon directement proportionnelle avec la popularité du site.
- Les adresses diffusées dans des groupes de nouvelles (USENET newsgroups) sont aussi un lieu de cueillette privilégié.
- Des attaques en force contre des serveurs de courrier peuvent aussi être utilisées pour l'approvisionnement en adresses. Lors de ces attaques, toutes les combinaisons de lettres possibles sur un même domaine sont systématiquement essayées.
- Fait à noter, la plupart des entreprises offrant le choix de recevoir ou non des courriels commerciaux respectent la volonté des internautes;
- Contrairement à la croyance populaire, le partage inapproprié d'adresses entre une entreprise et d'autres organisations semble aussi peu répandu.
À la lumière de ces conclusions, le CDT recommande enfin aux internautes de prendre les précautions suivantes : - Avant de la laisser sur un site public ou un groupe de nouvelles, prenez soin de « déguiser » votre adresse pour que les robots ne puissent la reconnaître. Remplacez par exemple certains caractères de l'adresse par leur équivalent en langage HTML ou par d'autres caractères que seuls des humains peuvent déchiffrer. L'adresse info@cefrio.qc.ca pourrait ainsi se traduire par « info at cefrio point qc point ca ».
- Lisez attentivement les formulaires qui nécessitent l'inscription de votre courriel et attardez-vous aux politiques de confidentialité des sites.
- Utilisez plusieurs adresses de courriel ou encore mieux, optez pour des adresses « jetables » (disposable e-mail adresses) que vous n'emploierez qu'une seule fois.
- Investissez dans un filtre antipolluriel qui peut réduire l'affluence de façon considérable.
- Rappelez-vous enfin que les adresses les plus courtes et les plus « communes » sont aussi les plus vulnérables.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Center for Democracy & Technology, « Why Am I Getting All This Spam? Unsolicited Commercial E-mail Research Six Month Report », mars 2003